ARTIST STATEMENT

In Eastern Europe the constructor measures the shadow of a merchant with a string and hides it in the walls of a building with the purpose of solidifying the construction. This story and many images of similar acts feed in a very absurd and phantasmagorical way the relation I explore between the body, fabric and architecture.

A sense of the body is essential to my work as are my physical actions, which tie together the elements of my installations. I deploy a method of excessive deconstruction and reconstruction (submitted to processes coming from dance such as gravity, pressure, stretching, rotation, tension, release) to transform, create and initiate my research on movement. In its close relation to cartographic configurations, my compositions can be described as performative. My body (along with other bodies and materials) becomes the medium to traverse these compositions.

The relation between the self, the surrounding environment and individuals is the central theme of my work. I am interested in the strategies that we use to imprint our environment. Fibers as material allow me to explore these dimensions of human relations in time and space through installation, drawings and actions. I use clothing and shadows in a recurrent fashion.  Recalling a human presence, clothes become appropriated objects evoking the notion of intimacy found throughout the entirety of my work.

Fabric is made of manifold structures, so are buildings. For both shadows have the potential to reveal textures and to resonate with dimensions of space and time. I consider architecture as a machine similar to the human, each building owning its body and its proper mind, foreground its potential to suggest rather than to impose.  With their shadow, buildings are animated by a subtle movement close to an animation in situ (with a potential for immediate narrative). My work on shadows is part of a larger reflection on interstices, relations, distances and connections moving through all my works. Sometimes, I imagine my shadow as a small portable stage (following me like a cloud) creating moving images similar to a dance.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

En Europe de l’Est, un constructeur mesure le périmètre de l’ombre du marchand avec une corde et cache celle-ci dans les murs du bâtiment dans le but d’en solidifier la construction.  Mon travail se nourrit d’histoires et d’images qui me frappent par leur côté absurde et fantasmagorique telles que celle-ci.  La relation que j’explore entre le corps, le tissu et l’architecture en est issue.

Le rapport au corps est essentiel dans mon travail puisque mes actions ficellent les éléments de l’installation.  Je privilégie des techniques excessives de déconstruction et de reconstruction (soumis à des procédés provenant de la danse comme la gravité, la pression, la rotation, l’étirement, la tension et la détente) pour transformer, créer et initier une recherche de mouvement.  Par des composantes liées à la cartographie, mes installations mènent souvent à des actions performatives. J’utilise mon corps (accompagné par d’autres corps et matériaux) pour traverser mes constructions.

La relation entre l’individu et son milieu est au centre de mon travail. Je m’intéresse aux stratégies que nous développons afin de marquer notre environnement. Le tissu et les fibres comme matériaux me permettent d’explorer ces dimensions des relations humaines dans le temps et l’espace à travers des actions performatives.  J’utilise les vêtements de façon récurrente. Rappelant la présence humaine, ils deviennent les objets appropriés pour évoquer la notion d’intimité qui parcourt l’ensemble de mon travail.

Le tissu est fait de multiples structures, tout comme le sont les bâtiments, où l’ombre a le potentiel de révéler les textures et de résonner avec les dimensions de l’espace-temps.  Je considère l’architecture comme une machine semblable à l’humain, chaque édifice possédant son corps et son esprit propre, qui suggère au lieu d’imposer.  Grâce à leur ombre, les édifices sont animés par un mouvement subtil se rapprochant d’une animation in situ (avec un potentiel narratif immédiat).  Mon travail sur l’ombre participe d’une réflexion plus large sur les interstices, les liens, la distance et les rapprochements, qui parcourt tout mon travail. Parfois je me plais à imaginer mon ombre comme une petite scène portative (me suivant comme un petit nuage) qui crée les images en mouvement sous forme de danse.